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  • Pluie cosmique de cristaux

    Posté le 26 mai 2011

    Les détecteurs infrarouge du télescope spatial Spitzer ont repéré une pluie de cristaux autour de l’étoile embryonnaire HOPS-68 qui se trouve dans la constellation d’Orion.

    Ces cristaux de couleur verte sont présents sous forme de forstérite. Ils appartiennent à la famille des olivines (minéraux du groupe des silicates) que l’on peut trouver dans la pierre de péridot, sur les plages de sable vert de Hawaii et dans les galaxies lointaines. Les missions Stardust et Deep Impact de la NASA ont toutes deux détecté ces cristaux dans leurs études rapprochées des comètes.

    Charles Poteet, auteur principal de l’étude, explique que l’intérieur des nuages de gaz de cette proto-étoile est très sombre mais que les minuscules cristaux captent toute trace de lumière, résultant en un éclat de couleur verte sur le fond noir et poussiéreux.

    Des cristaux de forstérite avait déjà été détectés dans les disques tourbillonnants qui entourent les jeunes étoiles mais la découverte de ces cristaux dans les nuages extérieurs est surprenante en raison de la froide température qui y règne (-170°C). « Il vous faut une température aussi élevée que celle de la lave pour fabriquer ces cristaux » explique Tom Megeath de l’Université de Toledo (Ohio, Etats-Unis).

    Les astronomes débattent encore sur la manière dont les cristaux sont arrivés là mais la cause la plus probable sont des jets de gaz qui s’éjectent de l’étoile embryonnaire.
    « Nous proposons que les cristaux se sont formés près de la surface de l’étoile en formation, puis transportés dans les nuages alentours où les températures sont bien plus froide pour finalement retomber à nouveau comme des paillettes ».

    Cela pourrait également expliquer pourquoi les comètes, qui se forment dans la périphérie froide du système solaire, contiennent le même type de cristaux. Les comètes naissent dans des régions où l’eau est gelée, alors que des températures extrêmement chaudes (700°C) sont nécessaires à leur formation.
    La principale théorie sur la manière dont les comètes acquièrent ces cristaux est que les matériaux de notre jeune système solaire se sont mélangés dans un disque de formation planétaire. Dans ce scénario, les matériaux qui se sont formés près du Soleil migrent finalement à l’extérieur, dans les régions plus froides du système solaire.

    Charles Poteet et ses collègues pensent que ce scénario pourrait être encore valable mais ils spéculent que des jets pourraient avoir soulevé les cristaux dans le nuage de gaz entourant notre Soleil avant de pleuvoir dans les régions extérieures de notre système solaire en formation. Finalement, les cristaux auraient gelé dans les comètes.

    Le télescope spatial Herschel de l’agence spatiale Européenne (ESA) a également été mis à contribution pour cette étude.

    Source : NASA – Crédit image : NASA/JPL-Caltech/University de Toledo

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