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  • Hibernation des êtres humains : les ours noirs américains pourraient bien détenir la clé

    Posté le 24 juin 2011

    Les ours noirs d’Alaska hibernent de 5 à 7 mois par an. Ils ne boivent pas, ne mangent pas, et n’ont pas besoin d’uriner ou de déféquer. Lorsqu’ils sortent de leur sommeil c’est comme si rien ne s’était passé. Ils sont pratiquement dans la même condition physiologique qu’avant leur entrée en hibernation.

    C’est grâce aux chercheurs de l’Institute of Arctic Biology (IAB) de l’Université d’Alaska que l’on a maintenant une meilleure compréhension de la physiologie de l’hibernation.

    Cinq ours capturés par le Alaska Department of Fish and Game ont été relogés dans un cadre naturel à l’écart de toute perturbation humaine pourvu de tanières artificielles. Ils ont été surveillés en permanence durant tout un hivers et au printemps. Chaque animal était équipé d’un émetteur radio qui enregistrait leur température corporelle, rythme cardiaque et activité musculaire. Le taux métabolique a été mesuré via la concentration des niveaux d’oxygène et de dioxyde de carbone dans les tannières.

    Les chercheurs ont découvert que les ours noirs américains pouvaient faire descendre leur rythme cardiaque de 55 à 9 battements par minute avec une arythmie sinusale profonde et réduire leur métabolisme de 75% tout en régulant leur température corporelle entre 30 et 36°C sur un cycle de plusieurs jours. Après un retour à une température corporelle normale et la sortie de leur tanière, les ours maintiennent un taux métabolique réduit jusqu’à 3 semaines. Cette découverte suggère que la majorité de la réduction du métabolisme est indépendante de l’abaissement de température corporelle.

    La découverte des bases génétiques et moléculaires de la protection de l’organisme pendant l’hibernation ainsi que des mécanismes qui sous-tendent cette réduction métabolique pourraient permettre de développer des techniques permettant d’induire une hibernation chez l’être humain afin d’améliorer le traitement des malades ou aider les astronautes à survivre à de longues missions vers l’Espace lointain.

    Photographie de Øivind Tøien/Institute of Arctic Biology/University of Alaska Fairbanks Credit: Øivind Tøien

    Publication sur Science

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