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  • Un grand pas en avant pour l’énergie de Fusion Nucléaire

    Posté le 16 juin 2012

    Imaginez un monde sans changement climatique provoqué par l’homme, sans crise énergétique, sans dépendance au pétrole étranger. Des ingénieurs de l’Université du Tennessee à Knoxville ont fait un pas de géant dans cette direction.

    David Irick, Madhu Madhukar et Masood Parang (professeurs de mécanique, aérospatiale et génie biomédical), ont développé un réacteur expérimental qui peut démontrer la faisabilité de l’énergie de fusion pour le réseau électrique. La fusion nucléaire promet de fournir plus d’énergie que la fission nucléaire utilisée aujourd’hui mais avec beaucoup moins de risques.

    Les chercheurs ont franchi une étape cruciale en testant avec succès cette technologie qui isolera et stabilisera le solénoïde central de ITER. Le réacteur à fusion de ITER devrait produire 10 fois la quantité d’énergie qu’il utilise. Toujours en cours de construction près de Cadarache (France), il devrait être fonctionnel en 2020.

    « Le but de ITER est d’aider à amener l’énergie de fusion sur le marché » déclare Madhukar. « L’énergie de fusion est plus sûre et plus efficace que l’énergie de fission nucléaire. Il n’y a pas de danger de réactions incontrôlées comme ce qui s’est passé au Japon et à Chernobyl, et elle produit peu de déchets radioactifs ». Contrairement aux réacteurs à fission nucléaire, la fusion utilise un processus similaire à celui qui alimente le Soleil.

    Depuis 2008, les professeurs d’ingénierie de l’Université du Tennessee ainsi que 15 étudiants, ont travaillé au Magnet Development Laboratory (MDL) pour développer une technologie permettant d’isoler et de fournir une intégrité structurelle au solénoïde central qui pèse plus de 1000 tonnes.

    Un réacteur tokamak utilise des champs magnétiques pour confiner le plasma (un gaz chaud et électriquement chargé qui sert de combustible au réacteur) dans une forme de tore. Le solénoïde central, qui consiste en 6 bobines géantes empilées les unes sur les autres, joue le rôle principal de l’allumage et du contrôle de la direction du courant de plasma.

    La clé de cette technologie a été de trouver le bon matériau (un mélange chimique de fibre de verre et d’époxy) et le bon processus pour insérer ce matériau dans tous les espaces nécessaires à l’intérieur du solénoïde central. Le mélange spécial fournit isolation électrique et résistance à la structure lourde.

    Cette semaine, l’équipe a testé la technologie à l’intérieur de sa maquette du conducteur solénoïde central.

    Il a fallu 2 ans pour développer cette technologie, plus de 2 jours pour imprégner la maquette du solénoïde central, et de multiples paires d’yeux attentifs pour s’assurer que tout se déroule comme prévu. Et ça a été le cas.

    Cet été, la technologie sera transférée à General Atomics (San Diego, Etats-Unis), partenaire de US ITER, qui va construire le solénoïde central et le livrer en France.

    ITER, conçu pour démontrer la faisabilité scientifique et technologique de l’énergie de fusion, sera le plus gros tokamak du monde. En tant que membres de ITER, les Etats-Unis auront un accès complet à toutes les données scientifiques et technologiques, mais ne contribuent qu’à moins de 10% du coût de construction qui est partagé entre les différents pays partenaires.

    Source : Université du Tennessee à Knoxville – Via Phys.org

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