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  • Télescope spatial Fermi : 5 premières années de mission pleines de découvertes

    Posté le 27 août 2013

    Telescope_Fermi-illustrationLe 11 juin 2008, le Gamma-ray Large Area Space Telescope (GLAST) s’est envolé vers l’orbite basse terrestre à bord d’une fusée Delta II. Le 11 août 2011, après 2 mois de tests, vérifications et calibrations, la NASA a déclaré GLAST apte à commencer ses observations des rayons gamma.

    Cinq ans après, un changement de nom, une collision évitée de justesse avec un ancien satellite soviétique espion, et d’innombrables surprises plus tard, le télescope Fermi (Fermi Gamma-ray Space Telescope) se porte toujours aussi bien pour effectuer les 5 prochaines années de mission.

    Peter Michelson, le chercheur principal responsable de l’instrument Large Area Telescope de Fermi explique que, lors du développement du LAT il y a plus de 15 ans, il n’aurait jamais imaginé faire autant de découvertes.

    Michelson est membre du Kavli Institute for Particle Astrophysics and Cosmology (KIPAC). Le LAT a été conçu et fabriqué par une collaboration internationale, avec le SLAC gérant la construction et l’intégration des instruments et le KIPAC gérant les opérations.

    Fermi a fait ces découvertes en cherchant à détecter les rayons gamma, la forme la plus énergétique de la lumière. Les rayons gamma sont difficiles à étudier : les télescopes conventionnels ne peuvent pas les détecter car ils pénètrent la matière de la lentille ou du miroir, et la plupart des rayons gamma provenant de l’Espace sont filtrés par l’atmosphère.

    Lors du lancement du Fermi, nous ne savions que très peu de choses de nombreux phénomènes astrophysiques comme :
    – les blazars : galaxies qui comportent en leur centre des trous noirs supermassifs qui alimentent des jets à haute énergie;
    – les pulsars : étoiles à neutrons dont la rotation très rapide et les champs magnétiques enchevêtrés génèrent de puissants faisceaux de rayons gammas
    – les sursauts gamma (GRB) qui se produisent lors de l’effondrement d’étoiles
    Encore plus intéressant, des objets célestes qui ont révélé leur présence dans le domaine des rayons gamma pour la première fois grâce à Fermi.

    Le Large Area Telescope (LAT), principal instrument de Fermi, balaye l’ensemble du ciel toutes les 3 heures.

    Le Gamma-ray Burst Monitor (GBM), 2ème instrument de Fermi, voit tout le ciel à chaque instant, à l’exception de la portion bloquée par la Terre. Cette couverture de l’ensemble du ciel permet à Fermi de détecter plus de sursauts gamma et sur une plus large gamme d’énergie que n’importe quelle autre mission. Plus de 1200 sursauts gamma, 500 éruptions solaires de notre Soleil et quelques centaines d’éruptions provenant d’étoiles à neutron hautement magnétisées de notre galaxie ont été observées par l’instrument GBM. L’instrument a également détecté près de 800 flashs gamma provenant des orages. Ces explosions passagères durent seulement quelques millièmes de secondes mais elles font partie des rayons de plus haute énergie se produisant naturellement sur Terre.

    Une des observations les plus surprenantes a été la découverte d’une bulle géante s’étendant sur plus de 25000 années-lumière au-dessus et en dessous du plan de notre galaxie. Les scientifiques pensent que ces structures ont pu se former suite à des éruptions provenant du trou noir central de notre galaxie (dont la masse est de 4 millions de Soleils).

    Selon certaines théories, la matière noire serait constituée de particules exotiques qui produiraient un flash de rayons gamma lors de leur intéraction. Les scientifiques du télescope Fermi envisagent une nouvelle stratégie consistant à utiliser le LAT pour étudier plus précisément la région centrale de la Voie Lactée qui serait selon eux le meilleur endroit pour chercher des signaux de rayons gamma provenant de la matière noire.

    Pour en savoir plus
    Le télescope Fermi de la NASA a découvert une mystérieuse structure géante au centre de notre galaxie
    Le télescope Fermi a détecté des faisceaux d’antimatière produits par des orages
    Le Télescope Spatial Fermi sonde l’Univers à des énergies extrêmes qui restaient inexplorées
    Le télescope Fermi regarde à travers le brouillard cosmique pour compter les étoiles

    Source : SLAC et NASA


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