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  • Un faisceau d’antimatière a été créé pour la première fois

    Posté le 27 janvier 2014

    ASACUSA-quadrupole_radiofrequenceLe 21 janvier dernier, l’expérience ASACUSA du CERN a annoncé avoir réussi pour la première fois à créer un faisceau d’atomes d’antihydrogène.

    80 atomes d’antihydrogène ont été détectés à 2,7 mètres de l’endroit où ils ont été produits. Il s’agit d’une étape importante vers une spectroscopie hyperfine précise des atomes d’antihydrogène car, à cette distance, l’influence perturbatrice des champs magnétiques utilisés pour produire les antiatomes est plus faible.

    Les forts champs magnétiques dégradent les propriétés spectroscopiques des antiatomes et empêchent une analyse satisfaisante. S’en éloigner est donc nécessaire mais loin d’être simple car, n’ayant pas de charge électrique, les atomes d’antihydrogène sont difficiles à transporter.

    L’analyse du spectre des atomes d’antihydrogène est importante car elle permettra de voir si les atomes d’hydrogène et d’antihydrogène sont identiques ou non. En théorie ils sont identiques donc toute différence entre eux ouvrirait immédiatement la voie à une nouvelle physique et pourrait nous aider à résoudre le mystère de l’antimatière qui est l’une des plus grandes énigmes de la science moderne.

    La matière et l’antimatière s’annihilent immédiatement dès quelles entrent en contact. Si elles avaient été créées en quantité égales au début de l’Univers, il ne subsisterait que de l’énergie dans notre Univers. Il n’y aurait ni galaxies, ni étoiles, ni planètes. Qu’est-ce qui fait que la matière l’a emportée sur l’antimatière ? Personne ne le sait encore.

    Mais les progrès concernant les expériences sur l’antimatière se sont accélérés ces dernières années : en 2011, l’expérience ALPHA annonçait avoir piégé de l’antihydrogène pendant 1000 secondes et en 2012 elle a observé des transitions hyperfines d’antiatomes. En 2013, l’expérience ATRAP annonçait la première mesure directe du moment magnétique d’un antiproton avec une extrême précision.

    La création de faisceaux d’antimatière va bientôt permettre d’effectuer le test le plus précis de la symétrie matière/antimatière. La structure hyperfine est une des 2 propriétés spectroscopiques les mieux connues de l’atome d’hydrogène. Etudier celle de l’antihydrogène nous dira s’il existe une différence, même infime, entre l’hydrogène et l’antihydrogène. Si c’est le cas, nous pourrons peut-être comprendre pourquoi la matière l’a emporté, permettant à notre Univers d’exister.

    Source : CERN

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