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  • La Société Idéale selon Platon

    Posté le 1 mars 2016

    PlatonNé dans une famille éminente et riche, Platon a consacré sa vie à aider les gens à atteindre ce qu’il appelait Eudaimonia (béatitude)

    Nous ne nous donnons que rarement du temps pour penser à notre vie et comment la vivre. Nous suivons le plus souvent ce que les grecs appelaient “Doxa”, l’opinion populaire.

    Dans tous les livres qu’il a écrit, Platon montre que ce “bon sens” est criblé d’erreurs, de préjugés et de superstitions : “la célébrité est géniale, suivez votre coeur, l’argent est la clé d’une belle vie”. Le problème est que l’opinion populaire tend vers de fausses valeurs, carrières et relations.

    La réponse de Platon est “Connais-toi toi-même”. Cela signifie faire une sorte de thérapie spéciale : la philosophie. Soumettre vos idées à un examen plutôt que d’agir par impulsion. Si vous fortifiez votre connaissance de vous-même vous n’êtes plus tant tiraillé par les sentiments (Platon compare le rôle de nos sentiments à être traîné dangereusement par un groupe de chevaux sauvages). Ce genre d’examen de soi est appelé “Discussion socratique”. Vous pouvez l’avoir avec vous-même ou bien, de manière idéale, avec une autre personne qui ne veut pas vous prendre en défaut mais veut simplement vous aider à clarifier vos propres idées.

    Platon voulait réformer la société et il passa beaucoup de temps à réfléchir comment un gouvernement et une société devraient être dans l’idéal. C’était le premier penseur utopien. Il fut inspiré par la ville rivale de Athènes : Sparte. Sparte était comme une machine à produire de bons soldats. Tout ce que faisaient les spartiates, la manière dont ils élevaient leurs enfants, comment leur économie était organisée, les personnes qu’ils admiraient, la manière dont ils avaient des relations sexuelles, ce qu’ils mangeaient, tout était adapté à un seul but. Et Sparte a connu une réussite incroyable, d’un point de vue strictement militaire.

    Mais ça n’était pas la préoccupation de Platon : il voulait savoir comment produire non pas un pouvoir militaire mais des personnes heureuses. Dans son livre “La République”, il identifie un certain nombre de changements qui devraient être faits. La société athénienne était très focalisée sur les riches comme l’aristocrate Alcibiade et les célébrités sportives comme Milon de Crotone. Cela n’impressionnait pas Platon. Les personnes que nous admirons ont une grande importance parce que les célébrités influencent notre perspective, idées et conduite. Et les “mauvais héros” donnent du glamour à des défauts de caractère. Platon voulait donc donner de nouvelles célébrités à Athènes : des personnes idéales et sages qu’il appelait “les gardiens”, des modèles pour le développement de chacun. Ces personnes se distingueraient par leur actions de service public, leur modestie et leurs habitudes simples, leur aversion pour la celébrité et leur grande expérience de la vie. Ils seraient les personnes les plus honorées et admirées de la société.

    Platon voulait également en finir avec la démocratie à Athènes. Il n’était pas fou. Il avait simplement observé que seulement peu de gens pensaient correctement avant de voter, ce qui entrainait l’élection de dirigeants incompétents. Il ne voulait pas remplacer la démocratie par une dictature bien sûr mais il voulait empêcher les gens de voter avant qu’ils puissent penser rationnellement, jusqu’à ce qu’ils deviennent des philosophes. Autrement, le gouvernement ne serait qu’une sorte de “règne de la populace” (règne de la foule). [Voir Ochlocratie]

    Pour essayer d’en arriver à ce résultat, Platon créa une école appelée L’Académie, à Athènes. Cette Académie a subsisté pendant 300 ans. Les élèves n’y apprenaient pas seulement les mathématiques et l’écriture mais également à être de bonnes personnes. Son but ultime était que les hommes politiques deviennent des philosophes. Le monde ne sera pas idéal avant que les rois ne deviennent des philosophes ou que les philosophes ne deviennent des rois.

    Transcription/traduction/adaptation de “Plato” (The School of Life)

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