Nullius In Verba
  • Une Meilleure Vision pour les Télescopes Infrarouge

    Posté le 6 décembre 2016

    aloha

    L’Univers peut paraître très différent lorsqu’il est observé en infrarouge. Les télescopes infrarouges peuvent voir à travers les nuages intergalactiques qui bloquent la lumière visible ou voir des objets froids tels que des exoplanètes en formation. Cependant, la faible performance des détecteurs ainsi que la lumière thermique émise par les miroirs à ces longueurs d’onde rendent les observations infrarouges plus complexes que celles en lumière visible.

    Le travail de Pascaline Darré (de l’Université de Limoges) et de ses collègues suggère qu’une technique de conversion de la lumière infrarouge en fréquences visibles (appelée ALOHA, pour “Astronomical Light Optical Hybrid Analysis”) pourrait grandement améliorer la sensibilité des réseaux de télescopes infrarouges.

    La lumière infrarouge collectée par un télescope est envoyée dans un guide d’ondes en matériau optique non linéaire. Là, la lumière infrarouge est mélangée à la lumière laser et convertie en lumière visible par un processus connu sous le nom de génération de somme de fréquences. La lumière visible est ensuite dirigée vers les détecteurs à travers des fibres optiques. De précédentes expériences de laboratoire par les mêmes auteurs ont montré que cette méthode a le potentiel de réduire le bruit de détection.

    Cette nouvelle technique pourrait bénéficier au réseau de télescopes CHARA, près de Los Angeles. Les télescopes tels que CHARA sont basés sur l’interférométrie : ils construisent les images en mélangeant les signaux venant de chaque télescope, obtenant la même résolution angulaire qu’avec un télescope de la taille du réseau entier. En appliquant leur système de conversion à 2 des télescopes de CHARA, Darré et ses collègues ont collecté la lumière de 1.5 µm d’une étoile de la constellation de la Grande Ourse et l’ont convertie en lumière rouge (630 nm). Ils ont montré que les signaux des 2 télescopes généraient des franges d’interférence sur un détecteur, c’est à dire que le processus de conversion préservait la cohérence lumineuse nécessaire pour qu’un réseau d’interférométrie fonctionne.

    Plus d’informations

    ALOHA : General presentation of the project and current efforts (François Reynaud – XLIM)
    On-sky ability of ALOHA/CHARA at 1.55 ¬µm to detect astronomical sources in H Band (Pascaline Darré – XLIM)
    First On-Sky Fringes with an Up-Conversion Interferometer Tested on a Telescope Array (Physical Review Letters)

    Source : APS – Via Communiqué de presse du CNRS

    Laisser une réponse