Observation d’une Etoile se faisant Déchiqueter par un Trou Noir

Le satellite TESS (Transiting Exoplanet Survey Satellite) a observé un évènement de rupture par effet de marée. Ces évènements se produisent quand une étoile passe trop près d’un trou noir. L’attraction gravitationnelle extrême entraine la distortion de l’étoile qui finit par se transformer en un flux de gaz. La queue de ce flux s’échappe dans l’espace mais le reste se retrouve en rotation autour du trou noir et forme un disque d’accrétion

L’évènement, appelé ASASSN-19bt, a été repéré le 29 janvier dernier par le All-Sky Automated Survey for Supernovae (ASAS-SN) basé à l’Ohio State University. Le ASAS-SN est un réseau mondial de 20 télescopes robotisés

Peu de temps après la découverte, ASAS-SN a demandé aux équipes du satellite Swift de la NASA, XMM-Newton de l’ESA (Agence spatiale européenne) et à l’observatoire de Las Cumbres (Californie, Etats-Unis) de faire des observations de suivi.

Cet évènement s’est produit dans la zone de vision continue de TESS, qui est toujours visible sur l’une de ses 4 caméras. Les équipes de TESS n’ont donc pas eu besoin qu’on leur demande quoi que ce soit pour commencer l’observation. Cela a permis aux astronomes de voir l’explosion de bout en bout.

TESS, qui a commencé son activité en juillet 2018, est un satellite spécialisé dans la détection d’exoplanètes. Il surveille de larges zones du ciel, appelées secteurs, chacune pendant une période de 27 jours. Cela permet à TESS d’observer des transits, des baisses périodiques de la luminosité d’une étoile pouvant indiquer des planètes en orbite autour d’une étoile.

C’est le 21 janvier dernier que TESS a détecté pour la première fois ASASSN-19bt, plus d’une semaine avant que l’événement ne soit suffisamment lumineux pour être détecté par ASAS-SN. Cependant, le satellite ne transmet des données à la Terre que toutes les 2 semaines et, une fois reçues, elles doivent être traitées par le Ames Research Center de la NASA (Silicon Valley, Californie). Les premières données TESS sur les perturbations par effet de marée n’ont donc été disponibles que le 13 mars. C’est pour cela que les observations de suivi de ce genre d’évènements dépendent de la coordination effectuée par des réseaux de télescopes basés au sol.

Voici à quoi cela ressemble à travers les télescopes TESS et ASAS-SN
(Source : AstronomerPat)

Et voici l’animation de ce à quoi ça devrait ressembler :

Les perturbations par effet de marée sont incroyablement rares. Elles se produisent tous les 10000 à 100000 ans dans des galaxies d’une taille similaire à notre Voie lactée. Les supernovae, en comparaison, se produisent tous les 100 ans environ. Au total, les astronomes n’en ont observé jusqu’à présent qu’une quarantaine. Les scientifiques ont prédit que TESS n’en verrait qu’un ou 2 lors de sa mission initiale de deux ans.

Publication officielle sur The Astrophysical Journal

Source : NASA – Via CNET



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